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CULTURE ET ÉLECTIONS - L'IMPORTANCE DES CRÉATEURS LOCAUX

Par David Miljour, directeur général de Dose Culture (24 novembre 2017)

 

Cela vous arrive souvent d'acheter le Journal de Montréal? Peut-être même que vous êtes abonnés? Pour ma part, à moins que je mange seul au restaurant, il est très rare que je lis une copie ou me procure un exemplaire du quotidien. Pas que je n'aime pas lire ou que j'ai une opinion sur le journal, mais ce n'est vraiment pas un réflexe naturel. Nous sommes dans l'aire des médias numériques! Par contre, le 6 novembre dernier, je l'ai acheté simplement pour pouvoir lire tout le dossier sur le résultat des élections municipales, ville par ville. J'aime bien les cartes, les tableaux et les schémas préparés par la rédaction. 

Évidemment, j'ai lu beaucoup sur la défaite surprise de Denis Coderre mais ce qui m'a vraiment intéressé et qui était remarquable c'est le nombre de nouvelles-eaux mairesses-res qui ont été élues-s. Dans bien des cas, plus de 80% des conseils municipaux étaient tenus par des nouveaux conseillers. Un exemple flagrant est la victoire de la nouvelle mairesse de Brossard, madame Doreen Assad qui a également réussi un tour de force en faisant élire neuf conseillères-ers sur dix sièges.

Ce renouveau dans le monde municipal est très intéressant. Les citoyens ont voté et ont décidé de changer de direction. En parcourant les promesses des équipes électorales maintenant en poste d'élues-s, j'ai pu constater un intérêt particulier pour le développement social, la culture au cœur des décisions des villes et la participation citoyenne. Bref, donner une place prépondérante aux citoyennes-ens dans des projets de développement favorables aux... citoyennes-ens. Axer les leviers décisionnels vers la communauté pour les besoins de la communauté. Et, j'aime cela!

C'est dans cette optique que j'aimerais développer une idée que j'ai dans ma tête depuis une bonne année. Chaque municipalité offre une programmation, soit par saison, soit par thème. Souvent, les villes confient des mandats à des firmes régionales et même nationales pour prendre en charge des événements qui attirent bien des touristes et qui font la signature de la municipalité. Ces grandes entreprises événementielles ont beaucoup de qualité comme un bouquet d'experts, une machine de promotion, un réseau important et des idées qui fonctionnent. Bref, nous travaillons souvent de concert avec elles dans les différentes programmations estivales et nous sommes capables de constater leur qualité de travail.

Je veux être clair. Il faut continuer à les embaucher. Cependant, j'aimerais également que les conseils municipaux et les directions municipales puissent considérer de sonder leurs organismes culturels locaux afin de voir si ils ne peuvent pas aussi développer un événement représentatif de l'identité locale et évidemment, leur attribuer un budget et une liberté de conception importante. Avoir confiance en leurs acteurs culturels sur leur propre terrain.

Ces organismes composés de femmes et d'hommes qui habitent leur ville, aime leur ville, veut voir leur ville se développer, mais aussi ont une expertise artistique et culturelle. Ces gens qui veulent combiner leur sentiment d'appartenance avec leur génie créateur et en faire un festival, un sommet, un colloque, un événement d'une journée mettant au cœur la culture comme vecteur du développement social de leurs citoyens. Faire du développement durable par l'art et ses formes et du même coup, faire découvrir aux jeunes et moins jeunes les beautés de la culture et l'influence de l'art sur nos vies. De plus, ces organismes arriveront avec des programmations vraiment audacieuse, avec une innovation culturelle palpable et un désir important d'apporter de nouvelles idées. Il y aura donc, un renouveau également dans les programmations, bien souvent stagnante, puisque les organisateurs d'événements, trouvent leur confort dans le retour de la majorité des activités, année après année. 

Voilà une idée qui peut facilement aider les nouveaux cabinets qui ont promis une importance sur le développement social, la culture et la participation citoyenne.

Bon là j'entends déjà l'avocat du diable! Ces organismes ont-ils l'expérience nécessaire? Seront-ils capables de livrer? Cela représente un risque politique. Oh! est-ce que les gens vont comprendre? C'est quoi l'art actuel? Cela intéresse vraiment les gens? Oui, oui, oui, oui, oui et oui! Ces appréhensions légitimes sont de belles questions lorsqu'on parle d'un contrat surtout si il a été conclu suite à un appel d'offre. Mais moi, je vous parle d'un partenariat. Un travail coopératif et de collaboration entre une municipalité ouverte sur les organismes qu'elle accrédite et qu'elle supporte. Une ville avec ses régisseurs et ses élues-s qui font confiance et accompagne les organisations désireuses de partir un nouveau projet, innovant, coloré et intéressant pour la population tout en poursuivant des objectifs de mission du milieu de la culture, local.

Comme premier billet dans notre nouvelle section blogue, je trouvais tout à propos d'écrire ce texte destiné aux nouveaux conseils municipaux. Seulement aux conseils? Non! À vous tous citoyennes-ens car, vous avez le pouvoir d'accrocher votre élues-s, écrire à votre mairie, de téléphoner votre conseillère-er et de vous déplacer à l'Hôtel de Ville pour en faire une proposition en bonne et due forme lors de la parole au public.

Dans tous les cas, moi je vais le faire, c'est certain.